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Soudan : Omar el-Béchir a été destitué

Le président du Soudan a été destitué. Le mouvement populaire qui réclamait sont départ s’était intensifié ces derniers jours. Des négociations son en cours pour organiser la transition.

Omar el-Béchir, président du Soudan, a été destitué par l’armée. Des consultations sont en cours pour mettre en place un conseil de transition. Des informations confirmées par des sources gouvernementales et un ministre provincial du Nord-Darfour.

Plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels l’ancien ministre de la Défense,  Abderahim Mahamat, auraient été arrêtés et le président déchu assigné à résidence. L’aéroport de Khartoum a été fermé.

Des témoins rapportent un raid de l’armée dans les locaux d’un groupe lié au parti d’Omar el-Béchir.

Les manifestations pour réclamer le départ d’Omar el-Béchir, au pouvoir depuis son coup d’Etat en 1989, ont lieu depuis décembre dernier. Elles se sont intensifiées ces derniers jours, motivées par la grave crise économique traversée par le pays et la hausse des prix à la consommation.

Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an IDEM et fait également face à un grave déficit en devises étrangères. Ce qui provoque des problèmes économiques dans tout le pays, comme l’inflation. Roland Marchal, spécialiste du Soudan au CNRS, Centre national de la recherche scientifique en France, déclarait lundi sur notre antenne:

“Les ressources pétrolières sont au sud. Mais en même temps, compte tenu de la crise politique au sud, le pétrole ne peut pas être exporté dans les quantités dites. Le gouvernement du Nord Soudan touche des royalties sur les exportations qui sont significatives. Et donc, le fait que les exportations se soient réduites de façon importante signifie que le gouvernement de Khartoum ne touche plus suffisamment d’argent contrairement aux espoirs qu’il avait.”

Ce matin, des dizaines de milliers de personnes ont afflué devant le QG de l’armée à Khartoum pour réclamer de nouveau le départ du chef de l’Etat et refuser une transition militaire.

De nombreux manifestants ont déclaré avoir été inspirés par le mouvement populaire qui a conduit au départ d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie.

Ces derniers jours, plusieurs chancelleries occidentales appelaient à une feuille de route pour organiser une transition pacifique.

DW