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Guinée : Malick Sankhon est-il visionnaire ou prophète politique ?

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Une brillante histoire d’un inconditionnel allié…

Il fut le premier leader de la Basse-côte à avoir déposé ses valises au RPG avant même la grande fusion Arc-en-ciel. Il fut également celui qui a cassé les codes, brûlé des interdits, chassé des stéréotypes, botté des préjugés qui pesaient très négativement sur l’opposant d’alors, le Pr. Alpha Condé. Pour des raisons purement subjectives.

Il fallait après l’épisode Lansana Conté, qu’un fils de la localité non des moindres et à influence imbattable, accepte de se rallier et s’aligner derrière l’opposant historique pour maximiser ses chances dans l’électorat des peuples des agrumes et des cocotiers du grand littoral.

Il a fallu miser et jeter tout son dévolu sur un grand homme de convictions, devenu au fil des ans et à l’épreuve du pouvoir, le symbole accompli de fidélité, de probité et militant engagé sans contrepartie ni à valeur d’échange. Cet homme n’est personne d’autre que Malick Sankhon, leader de la Cause Commune, pour ne pas le nommer.

Il s’est mis à la tâche avec son bâton de pèlerin. Il séduit les sceptiques, convainc les indécis, rassure et rassemble en faveur de l’opposant d’hier, victime d’une intoxication de la part d’adversaires politiques en lice à la présidentielle de 2010, dont certains sont aujourd’hui, des incontournables arrivistes dans la galaxie présidentielle non pas pour leur efficacité, mais pour leur sens élevé d’opportunisme.

Grand activiste planétaire pour la cause humaine, ancien Ministre ambassadeur du Protocole d’État, bénéficiaire de la Grand-croix de la Lésion d’honneur française, Malick Sankhon, puisqu’il s’agit de lui, a su garder et entretenir son lien d’amitié longtemps tissé sur l’axe Paris-Conakry avec l’ancien président de la FEANF et militant panafricaniste, Alpha Condé. Même en étant très proche de feu Lansana Conté voire même être au cœur du secret d’État. Le sieur Sankhon n’a pas, un seul instant, caché son goût pour la vérité et ses amitiés à l’endroit de l’opposant Alpha Condé qui incarnait : le courage et un grand amour pour son pays pour lequel d’ailleurs, il était prêt à être crucifié.

Mieux, les deux hommes appartiennent tous à la grande famille de l’international socialiste. Pour tout dire, ce sont des frères jumeaux idéologiques qui partagent les mêmes aspirations. Ils ont hérité de la France, la même culture, le même mode de vie. Ils ont en partage le goût des mêmes auteurs et quasiment la même appréhension de la vie. Car, ils ont incrusté en eux, les mêmes valeurs et la même civilisation qui reposent essentiellement sur l’homme et la société au centre de toutes les préoccupations et la finalité de toute politique.

Ils viennent de loin, depuis les années 80, contrairement à ceux ou celles qui ont découvert Alpha Condé d’il ya deux décennies dans les privilèges du pouvoir. Avec feu Siradio Diallo, le tout frais jeune cadre Malick Sankhon était parmi cette grande élite guinéenne pour la mise en place du CRDG (Comité de Réflexion sur la Démocratie en Guinée) qu’il a implantée sur l’ensemble du territoire national.

Malick, pour ceux qui ont connu l’homme, est d’une grande habileté politique qui ne courbe pas l’échine même devant la guillotine quand il est question de défendre ses opinions ou ses convictions. Il ne se soucie pas du prix à payer et il affrontera sa peur pour ne jamais tomber en pliant le genou quelles que soient les circonstances et la taille de l’adversaire. C’est un gladiateur né et lutteur reconnu même par ses pires détracteurs. Pour preuve, à la chute du gouvernement avorté de 24h de Cellou Dalein Diallo sous Lansana Conté au sein duquel, il était promu à la tête du département du Tourisme. Il fut l’un des rares à apporter son soutien à Cellou qui était tombé en disgrâce et s’est rendu dans le village de Dalein pour signifier toute sa sympathie et sa reconnaissance vis-à-vis de ce dernier. Il a fait un séjour de plus de cinq jours. Il a assumé sans ambiguïté son choix et à visage découvert malgré les contingences politiques difficiles d’alors.

Sans faire de jaloux et sans trahir la réalité historique avec la volonté de se faire plaire auprès de qui ce soit ni la moindre volonté de se faire déplaire, il est important de rappeler le passé de chacun avec exactitude et courage tel que ça s’est produit.

Il est moins plaintif malgré son statut d’homme qui a ouvert la Basse-côte à Alpha Condé et au RPG. Ce parti doit énormément à ce combattant qui a cru en son destin en homme visionnaire et qui a prédit le triomphe du parti jaune en grand prophète politique. Il s’est donné corps et âme sans attendre un quelconque retour. Son militantisme ne se monnaye pas. Son engagement est sans conditions.

Patient, il l’est. La foi, il l’a. La dignité, il en prend religieusement et jalousement soin.

En homme d’État, il sait raison gardée. Comme dit l’adage : « qui a patience a Paradis ». Pour celui qui ne sait pas attendre, la précipitation conduit toujours au grand malheur. Car, le destin ne se force pas, c’est inné en nous, quel que ce soit le temps que ça prendra, ça arrivera.

Mohamed Mario Bangoura


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